Les régions et leurs agriculteurs doivent pouvoir choisir s'ils veulent cultiver des produits OGM ou non. C'est pourquoi, durant la rencontre avec la Commissaire européenne Mariann FISCHER BOEL, l'Assemblée des Régions d'Europe (ARE) a une fois encore appelé à l'adoption d'une directive européenne sur la coexistence entre les OGM et les cultures traditionnelles et biologiques.
Dr Josef MARTINZ, Ministre de l'Agriculture du Land de Carinthie-A, s'est ainsi exprimé au nom de l'ARE : 'Les contaminations croisées entre cultures génétiquement modifiées et celles libres d'OGM ne connaissent aucune frontière ! Donner la responsabilité aux Etats membres de légiférer sur la coexistence ne créerait que de la confusion. Si nous convenons que les conditions climatiques et les structures agricoles diffèrent d'un Etat à l'autre, les principes de précaution et du 'pollueur payeur' doivent néanmoins s'appliquer à toute l'Europe. L'ARE est en faveur de la subsidiarité, mais ce sujet ne peut être réglé correctement qu'au niveau européen. Une directive de l'Union européenne sur la coexistence permettrait la mise en place de normes communes et d'exigences minimales, tout en permettant aux Etats membres et aux régions qui le souhaitent d'instaurer des critères plus stricts".
Dans les faits, le rapport de la Commission européenne sur les mesures de coexistence prises par les Etats membres - publié le 9 mars dernier - a clairement énoncé que la Commission n'a pas l'intention de proposer une législation européenne sur la coexistence entre les cultures OGM et non OGM. Au lieu de légiférer, la Commission recommande une collaboration avec les Etats membres et toutes les parties intéressées pour établir des normes destinées à maintenir les cultures séparées. Cette coopération devrait débuter lors de la conférence sur la coexistence organisée conjointement par la Commission européenne et la Présidence autrichienne de l'UE à Vienne, les 5 et 6 avril. L'ARE, partie prenante de cette thématique depuis 2004 et promotrice d'un cadre sur la coexistence*, regrette d'ailleurs que, bien qu'ayant été invitée à cette rencontre, une seule de ses régions membres ait été conviée à prendre la parole.
"L'ARE déplore que cette politique sur les OGM soit basée sur le principe 'attendons et contaminons'" a dit le Dr MARTINZ. "Il ne faudrait pas invoquer à l'avance une éventuelle sanction de l'OMC dont nous suspectons les décisions d'être motivées par les intérêts des industries internationales de biotechnologie".
L'ARE et ses régions membres vont quant à elles continuer de promouvoir les labels régionaux de qualité en tant qu'outils économiques qui peuvent efficacement contribuer à leur développement rural.
*Voir la position de l'ARE sur la coexistence en 10 principes, adoptée en mai 2005 (http://www.a-e-r.org/top-priority-issues/promotion-of-quality-agriculture.html)
L'Assemblée des Régions d'Europe (ARE) est l'organisation politique des régions en Europe et leur porte-parole aux niveaux européen et international. Sa vocation : défendre les intérêts des régions dans le processus politique et développer la coopération interrégionale. 255 régions de 30 pays européens et 13 organisations interrégionales sont membres de l'ARE.
Contacts AREKlaus Klipp, Secrétaire Général, Agnès Ciccarone, Responsable de la Commission 'Politiques régionales', a.ciccarone@a-e-r.org ou Estelle Delangle, Assistante, e.delangle@a-e-r.org - Tel: +33-3-88 22 74 37/38 - www.a-e-r.org